Ma maman à moi

Avouez que ce n’est pas toujours évident d’aimer sa mère!

Je sais qu’il y a plusieurs types de relation mère-fille. Pour certaines, la relation est parfois complexe, conflictuelle, ardue. Pour d’autres, c’est simple, harmonieux, joyeux et presque parfait. Moi j’ai eu de la difficulté à apprendre comment l’aimer et surtout comment la comprendre. On ne m’a pas appris ça à la maternelle ni au primaire et rendue au secondaire, je me suis dit qu’il fallait que j’oublie ça.

J’ai appris à aimer ma mère avec ses petits hauts et ses grands bas, à percevoir son sourire derrière sa tristesse, à sentir son amour même si ses bras ne m’entouraient pas et à sentir son cœur battre même si celui-ci semblait s’éteindre de plus en plus.

Ma mère a décidé de quitter ce monde, qui était trop dur pour elle, le 22 novembre 1999. Malgré les 16 années qui sont derrière moi, j’ai toujours de la difficulté à parler de sa mort parce que j’ai peur des préjugés et surtout de me faire juger. C’est comme s’il y avait une petite partie de moi qui se sentait coupable de ne pas l’avoir sauvée, de ne pas avoir su lui démontrer comment je tenais à elle et comment elle était importante. Je me sens encore aujourd’hui abandonnée et rejetée, car je n’ai pas réussi à lui donner le goût de vivre, de rester… Pour moi. Pour sa fille…

Ça va faire 16 ans que je ne dis plus le mot « Maman ».

Le temps passe, mais une mère, on en a juste une et elle ne s’oublie pas en claquant des doigts. Ma mère me manque lorsque c’est mon anniversaire, le 24 décembre au soir et à la fête des Mères. Elle me manque lorsque j’ai un gros rhume parce qu’elle n’est pas là pour me donner ma cuillère de sirop et ma soupe Lipton bien chaude. Elle me manque lorsque je tente de reproduire sa recette de sauce à lasagne avec son ingrédient magique. Quand j’ai de la peine, car elle n’est pas présente pour me rassurer en me flattant les cheveux. Elle me manque même lorsque je mange un simple macaroni à la viande spécial sauce aux tomates en canne. Ça goûte tellement ma maman réconfortante. Je pense toujours à elle lorsque Dirty Dancing joue à la télévision, car seules ma mère pis moi savions faire la chorégraphie à la perfection. C’était un moment magique pour moi. Je voyais ma mère sourire, son visage s’illuminait pour un instant et elle dansait avec tant de légèreté.

Elle me manque aussi dans mes moments de joie. J’aimerais tant voir la fierté dans ses yeux qui me dirait : je suis fière de toi mon petit rayon de soleil, fière de toi ma fille, de la femme que tu es devenue. Sa présence va tellement me manquer si un jour je me marie et j’imagine encore plus si un jour je deviens moi-même maman.

Comment vais-je faire sans ma propre mère à mes côtés, sans ses précieux conseils?

J’ai toujours en moi l’incompréhension, la colère et de la peine face à cette perte. Il n’existe malheureusement aucun remède et aucune potion magique pour enlever ces émotions. Le temps, par contre, permet de rendre celles-ci moins présentes, moins intenses et moins douloureuses.

Ce temps m’a permis de me relever et de devenir plus forte. Maintenant je sais que ma mère m’a aimée à sa façon. L’amour qu’elle m’a démontré, c’était tout l’amour du monde pour elle. Je peux dire ,aujourd’hui ,que même si ma mère n’aimait pas sa vie, elle m’a donné la plus belle chose au monde :

MA vie.

 

Ma mère s’appelait Diane, elle était unique, et c’était ma maman à moi.

 

 [Source de l’image:  »Ainhoa (1 dìa)  » par  »Juanedc’] 

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