Pour apaiser ton coeur blessé

Un ami de mon chum est en ville. C’est un pêcheur.

On l’écoutait, assis par terre dans le salon, comme des enfants. Il nous a raconté ses journées, dans un pays où le quotidien est pas mal différent d’ici. Il habite loin, loin, loin, sur la Côte-Nord, dépassé Sept-Îles. Son village a juste 300 habitants. Il pêche là-bas depuis environ dix ans.

C’est un doux, ce gars-là, avec des yeux qui ont vu plus d’horizons que les miens ; avec un regard qui cherche le rivage. Il est beau, mais pas comme dans les magazines. Il est de ceux qu’on écoute, en silence, la bouche entrouverte. Il me faisait un peu penser aux filles de la Gaspésie.

Il nous a expliqué la pêche avec tellement de passion que j’ai eu envie de partir en mer. Comme un grand sage qui dit toujours la vérité. Je ne sais pas pourquoi, mais je n’arrêtais pas de penser à «There are plenty of fish in the sea». Peut-être parce que c’est le seul truc que je connais sur les poissons. Je peux être vraiment niaiseuse.

Il racontait que quand tu sors la cage pleine de poissons de l’eau, ça se peut qu’il y ait d’autres sortes que ce que tu voulais au départ. C’est plate, mais c’est pas grave. Tu peux les relancer à l’eau pour qu’ils aillent dans la bonne cage, la prochaine fois.

J’ai pensé aux amoureux qui ont croisé mon chemin.

Ça m’a apaisée.

[Source de l’image :  A Series of Moments, all called « Now » par hjl]

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