Je ne suis pas une size 2

C’est en cette soirée tranquille et très plate que je bois du vino dans ma chambre. Un peu tipsy, je me dis que c’est une bonne idée de réécouter les hits des années 90. Un William dans ma main gauche, Britney Spears qui résonne dans mes oreilles, je check la prochaine chanson qui va me rappeler des souvenirs… Jusqu’à ce que je tombe sur une toune plutôt récente que je n’aime pas vraiment, mais qui a un bon beat.

Je fais Play, et malgré moi, je me mets à chanter… I’m all about that bass, no trouble. C’est pas long avant que je me mette à écouter les paroles… Pis tabarnouche qu’elle a raison.

Ça fait longtemps que je me juge sur mon poids. J’ai toujours été petite de grandeur et de grosseur, mais est venu un temps où j’ai pris des formes… pis j’ai élargi. Je l’ai toujours bien pris, jusqu’à ce que des commentaires désobligeants me blessent. Je ne suis pas grosse, mais les paroles entendues à répétition ont fait que je me suis mise à me dire que je l’étais. Surtout qu’elles provenaient de membres de ma famille et de mon chum d’époque. Je les aimais tellement, ils doivent bien avoir raison right? Mais pourtant, non. Ne pas être une size 2 n’est pas synonyme d’être grosse.

Au contraire, c’est charmant, une p’tite bide. Ça évoque que tu aimes la bière, que t’es une bonne mangeuse (dans mon cas) et que tu peux manger santé, mais jamais dire non pour autant à un bon McDo. J’ai essayé de me convaincre et je me suis semi-acceptée quand, pour une raison toujours inconnue, j’ai pris 20 livres en quelques mois. Pouff, de même. J’ai beau aimé ça les McDouble Bacon et la Stella Artois, mais je ne peux pas croire que c’est ça qui explique ce changement radical…

Je me suis mise à fixer là-dessus. Je passais des quarts d’heure à checker mon ventre gonflé dans le miroir et à me dégoûter. À checker les Insta-chix pis me demander ce qu’elles font pour être petites de même. J’ai même commencé à magasiner les pilules pour perdre du poids, parce que m’entraîner, comme je l’ai toujours fait, ne fonctionnait pas comme je le voulais…

Au bout de quelques semaines, j’en suis venue à la conclusion que je ne peux pas souhaiter ressembler aux filles plus minces. Même si elles ont un ventre plat comme une planche à repasser, sont-elles vraiment heureuses? Je me suis demandé si perdre les 20 livres que je trouve que j’ai en trop ferait de moi une meilleure adulte, une meilleure femme, une meilleure intervenante et si j’allais être plus heureuse. Et la réponse a été NON.

C’est important d’être en santé, mais faut pas exagérer. C’est l’été, et même si j’ai le ventre qui déborde de mon bikini, je vais le porter fièrement. Je vais me prendre une deuxième assiette quand j’ai encore faim et je vais pas me limiter à un nombre de calories, pour satisfaire des standards de beauté fixés… Fixés par qui, au juste?

Anyway, je vais bien finir par trouver un gars qui aime ça, les filles avec des formes. Une fille qui a une p’tite bide mais qui est, pour autant, en santé. Mais surtout, une fille qui est bien dans sa peau.

 

[Source de l’image : Grayscale Photo of Naked Woman par Pexel ]

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