Je suis à la recherche d’une propriété. J’ai fait une liste de critères. Jusqu’à maintenant, j’étais bien fière de mes critères. Je me trouvais vraiment hot de savoir EXACTEMENT ce que je voulais, ce dont j’avais besoin. Le condo de MES RÊVES. Il serait ô combien paaaaaarfait.
Un condo à la fois urbain et branché (avec un mur de briques bien sûr), d’immenses fenêtres, deux chambres fermées, une aire ouverte, rénové (pas question de faire des rénos, tsé!), une cuisine digne d’une émission de cuisine, ah et aussi, une mezzanine parce que c’est beau, une gigantesque terrasse privée ou une cour boisée et tout ça dans un quartier dynamique et à proximité de tout. Rien de moins.
Oh que oui. Il sera par-fait.
Après quelques recherches sur internet, je l’ai trouvé le condo de mes rêves. Il est par-fait. Comme je l’imaginais. Comme j’ai toujours rêvé. Il coûte seulement un demi million de dollars. Mais bon, il est P-A-R-F-A-I-T. Comme dans mes rêves. La perfection.
Fière de mes critères et de mes grandes ambitions, j’ai déclaré à mon chum:
« C’est exactement ça que je veux. Je ne veux RIEN D’AUTRE QUE ÇA. »
C’est le condo de mes rêves. Bon.
Et c’est là que j’ai eu un gros constat. Je cherche exactement mon condo comme je cherchais l’homme de ma vie à une certaine époque. Avec des critères trop élevés. Beaucoup trop élevés.
Je pense que je vais rester locataire pas mal longtemps.
C’est bien de savoir ce que l’on veut, mais il faut accepter que nos critères ne sont pas toujours accessibles.
Et c’est là que j’ai réalisé que c’était peut-être le condo de mes rêves, mais c’est peut-être pas celui-là qui va me rendre heureuse. Il va être tellement cher que je n’aurai plus le droit d’avoir des loisirs. Il sera tellement design que je ne me sentirais pas réellement chez moi, mais plutôt dans une revue de déco. Peut-être que ce condo n’est pas celui qui me convient vraiment.
Et si je revoyais mes critères?
Avoir un condo plus abordable et plus confortable pourrait probablement me rendre plus heureuse, non?
À force de vouloir chercher la perfection, on risque de passer à côté de petits bijoux qui peuvent nous faire encore plus rêver. Oui, l’homme de notre vie n’est peut-être pas celui que l’on s’imagine. Et c’est très bien comme ça.
[Source de l’image: Le vieil homme sur le chemin par Etienne Valois]