La fois où je ne suis pas allée en Inde

Depuis que j’ai lu et vu « Mange Prie Aime », j’avais dans l’idée de faire un voyage qui me transformerait. Je collectionnais les relations troubles, et mon sport du moment était la nage… au travers des milliers de litres de pleurs. Je n’avais plus de repères, plus d’intérêts et j’étais attirée vers le noir. J’en buvais dans mon Pinot, je le voyais quand je fermais mes paupières remplies de larmes… Bref, j’en broyais!

L’Inde me parut comme une évidence! Moi, en quête de paix intérieure, en train de pratiquer la zénitude dans le Taj Mahal. La légèreté, l’habillement de voiles, les couleurs, les saveurs! Je commençai à en parler à mon entourage. Les plus proches de moi riaient, ils ne m’imaginaient pas là-bas. Ma pauvre mère, lorsqu’elle a vu que j’étais sérieuse, m’a formellement interdit d’y aller, surtout que j’avais l’intention de le faire seule! Oui oui, une femme blanche de 30 ans, sac à dos en Inde. Why not?

C’est là que les détracteurs sont arrivés, ou peut-être les sauveurs. Le portefeuille refusait de me voir avec autres choses que des devises canadiennes. Les imprévus, awaille donc! La rencontre de la sœur d’une amie, globetrotter, m’a complètement déconseillé l’Inde seule. Elle l’avait fait (et ce n’était pas son premier voyage en solo, contrairement à moi) et son beau rêve indien s’était éclipsé au fur et à mesure que les mains baladeuses de ses hôtes se faisaient aller! Finalement, mon beau projet me tentait moins…

Je me suis penchée sur la partie de moi qui voulait fuir, quitter, s’isoler… Pourquoi? C’est alors que j’ai entrepris le plus grand et le plus beau voyage : en moi. Je suis restée au Québec et j’ai investi/investigué : Massothérapeute, Orthothérapeute, Ostéopathe (histoire d’avoir un body qui tient). Ensuite, le dedans : nutrionniste/diététiste, intervenant en soins spirituels (afin de pratiquer la méditation pleine conscience). J’ai lu une tonne de livres sur le bonheur et sa quête, bref un maudit gros ménage. Des gens ont quitté ma vie, par choix. Je me suis libérée, vraiment.

Après tous ces efforts, il est arrivé. Celui que j’attendais, que j’espérais, mais sans le désespoir d’avant. Où que je sois, j’ai l’impression de voyager. D’être transportée par un flot de papillons. La légèreté, je l’avais trouvée avant. Probablement qu’il l’a vue aussi, peut-être qu’il en a été attiré! Les couleurs, les saveurs, les sensations, tout est plus avec lui. C’est comme mon Ecstasy… ma belle drogue légale! Ensemble, on continue de s’améliorer, il m’accompagne dans mes défis de vie. Il sèche mes larmes et met du soleil dans mon noir. Et peut-être qu’un jour, on découvrira l’Inde.

 

 

Source de l’image: India-6099 – Taj Mahal par Dennis Jarvis

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