Ceci n’est pas un conseil amoureux.

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« Que se passe-t-il avec ton blogue? »

« Quand est-ce que tu vas nous écrire un billet? »

Je vais m’y remettre. Oui. Oui.

Je dis ça depuis un mois.

Les jours avancent. On remet à plus tard. Pis y’a un sentiment de culpabilité qui s’installe.

Pourquoi on se sent coupable?

Il s’en passe des choses en un mois. La vie bouge. Elle va vite. Des événements peuvent arriver. Des nouveaux défis. Des nouvelles aventures.

On a le droit de ne pas faire tout ce qu’on s’était dit de faire. (J’essaie de me convaincre!)

On se dit : « Je le ferai demain. »

Y’a ça.

Y’a aussi le fait qu’on ne prend pas le temps.

Y’a aussi, pour ma part, l’inspiration.

Des fois, elle se pointe le bout du nez au mauvais moment. Le moment où tu ne peux pas écrire. Et y’a aussi le moment où tu prends ton ordi, tu veux te lancer et…..

Rien.

Il y a un vide.

Un blanc.

Un blocage.

J’ai longtemps chercher d’où venait ce blocage. Pourquoi un blocage lorsque j’ai pourtant tant de choses à dire, à raconter, à exprimer? Les idées de sujets pleuvent pourtant. Hum… Que se passe-t-il?

Et c’est là que j’ai mis le doigt dessus. J’ai mis le doigt sur le bobo. Sur la chose qui me rongeait de l’intérieur sans que je le sache.

La pression.

Une putain de pression sociale. (On va se dire les vrais mots!)

Une pression que je me suis moi-même imposée.

Un désir de performance.

C’est puissant l’effet que la pression peut avoir sur notre vie. God.

Il y a 5 ans, je me suis ouvert un blogue de voyage. Je l’ai alimenté continuellement durant un an. Ça allait si bien. Pas de stress. Pas de pression. Juste des billets que j’écrivais quand je le voulais.

Sans savoir « combien de fans aimaient ma page Facebook ». Sans regarder les statistiques de mon blogue. Sans savoir si « j’étais populaire sur les Internets ». Je m’en foutais. Parce que la pression d’être « populaire » sur le web n’était pas présente. Ou du moins, je ne l’ai pas senti. Ce n’était pas un gage de réussite non plus. Parce que le nombre de fans sur une page Facebook n’était pas calculé. On s’en foutait. Je n’avais pas besoin de faire la promotion de mon blogue sur une page Facebook afin d’avoir plus de lecteurs. Le nombre de likes n’existaient pas. (Bon, ça existait déjà, mais c’était moins ancré dans nos habitudes.)

La vie était différente avant Facebook.

On s’en souvient presque plus de cette époque. Ça semble si loin.

Avant Facebook, on recevait des appels téléphoniques.

Avant Facebook, on ne passait pas des heures à scruter le profil de notre date, de notre ex, de la nouvelle blonde de notre ex, de la meilleure amie de la nouvelle blonde de notre ex.

Avant Facebook, la jalousie existait uniquement dans le réel. On n’enviait pas des filles sur Internet. On n’avait pas de games virtuelles à jouer. On n’avait pas besoin de se créer une vie extraordinaire en photos et en statuts Facebook.

Avant Facebook, c’était beaucoup plus facile d’oublier un ex.

Avant Facebook, notre nom n’était pas une marque qu’il fallait gérer sur le web.

Parce que oui, aujourd’hui, nous sommes une marque.

Nous devons gérer notre profil Facebook comme nous gérons une marque. Il faut maîtriser l’art de mettre de bonnes publications. Il faut être cool.

Il faut être drôle. Pertinent surtout. Mettre de bons liens. Quelques photos nous mettant en valeur. Ne pas trop en dire sur nous. Garder un brin de mystère. Être à la fois provocant et sensible. Tout en exposant nos exploits, mais sans se vanter. Il faut montrer que l’on mène une belle vie. Créer un peu d’envie, mais avoir un air détaché. Il faut mettre du bon contenu. Il faut calculer le nombre de publications. On ne doit pas trop en mettre. Juste assez. Il faut être hot. Et c’est comme ça que l’on devient populaire.

La performance n’a jamais été aussi présente dans notre société. Une performance d’être toujours à la hauteur. Une performance qui est présente au travail afin de monter dans les échelons.

Il faut aussi être performant dans sa vie de couple. Être bon, autant dans la chambre à coucher que devant la cuisinière. On doit être en shape. On doit avoir une grande vie sociale. Mener une belle carrière et être un super parent en même temps.

Ça ne s’arrête pas là.

Il faut aussi être performant sur le web. Savoir bien gérer notre vie virtuelle. Attention, il faut gérer sa vie virtuelle plus intensément car ici, tout le monde la voit. Tout le monde peut t’envier.  Il faut savoir bien gérer son compte Twitter afin d’avoir le plus d’abonnés possible, mettre des photos de nos repas sur Instagram, se checker-in sur Foursquare, se créer un scrapbook sur Pinterest et gérer son Facebook. Ouf.

Alors peu importe si notre vie est cool ou non dans la vie, l’important, c’est que l’on montre. On peut maintenant filtrer les informations de notre vie que l’on ne désire pas exposer. Notre image virtuelle peut être différente de notre réalité. On a le pouvoir d’en faire ce que l’on veut.

Et quand tu as un blogue, c’est pire. Aujourd’hui, tu ne peux pas juste écrire un billet de blogue. Et le lancer dans l’univers. Non. Tu dois avoir une page Facebook. Tu dois promouvoir ton blogue.

J’en ai eu marre. C’est juste ça. C’est pour ça que je me suis absentée pendant quelques semaines. J’ai essayé de me distancer de ce sentiment qui me hantait. Le sentiment de trop gérer de réseaux sociaux et d’essayer d’être la plus performante possible. J’haïs ça. Ça y est, je l’ai dit.

Est-ce que ça a marché ? Je ne sais pas. Ce que je sais, c’est que mon désir d’écrire est revenu encore plus fort. L’important, c’est de faire ce que l’on aime, non? C’est d’être bien.

L’important, c’est d’être vrai tout simplement. Le reste, on s’en fout.

Et ensuite? On fait quoi avec tout ça?

On en prend conscience.

On lance tout ça derrière nous.

Et on continue.

Je suis de retour.

(By the way, je me cherche un gestionnaire de communauté pour gérer ma vie virtuelle.)

4 Comments

  • Laurie dit :

    Beau billet, genre vraiment. C’est en plein ce que je feel sur le monde qui m’entoure ces temps-ci, et c’est pas évident. P-S : Je gère bien les communautés web, si tu veux 😉

  • Anouk dit :

    Je ne suis pas tout à fait d’accord avec tes propos.

    Il est vrai qu’il y a une pression, surtout en tant que bloggeuse-et-je-ne-sais-pas-ce-que-tu-fais-d’autres-sur-le-web-qui-pourrait-potentiellement-de-donner-le-titre-de-personne-influente-du-web.

    Par contre, je trouve que c’est assez faux de généraliser et surtout de nommer comme « nouvelle » toute cette pression à l’entièreté de notre vie sur le web. La pression d’être cool, d’être aimé, apprécié des autres, d’avoir l’air encore mieux que ce que nous sommes, que ce que nous faisons, une fois chez nous sans personne, puisque c’est un peu ça, a toujours existé, elle s’est simplement, comme beaucoup d’autres caractéristiques humaines, transposées dans ce nouvel univers qu’est le web.

    Avant toutes nos actions de contrôle sur notre vie « publique », pour avoir l’air cool, mieux que nous même, parfait, étaient ancrées dans le réel. À une certaine époque, pouvions-nous simplement penser sortir de la maison, ne serait-ce que pour aller acheter du lait, sans être vêtu impeccablement ? Est-ce que être toujours aux bons événements / moments, mais jamais aux nuls a vraiment déjà été absent de notre culture ? (Si on voulait atteindre un certain coolness auprès des gens, on s’entend… autant nous n’avons jamais été tenu à ça officiellement, autant officiellement, on est qui on veut virtuellement, cool ou poche.) Ce qui est bien maintenant, c’est que ça compte moi (surtout pour le lait) … on s’en fout ben de ce que vos voisins vont en penser, au lieu d’être à la fenêtre en train de vous espionner, il est probablement sur facebook en train d’espionner une personne qui connait une personne qu’il connait.

    • aureliegm dit :

      Des fois, c’est bien de faire la part des choses et de se dire: « Woah! Arrête donc de généraliser! » 😉

      C’est facile de généraliser lorsque l’on se fie à notre instinct, à nos sentiments. On peut facilement croire que tout est de la faute de X. Pour ma part, j’ai mis toute la faute sur Facebook. Des fois, ça fait du bien de se rabattre sur quelqu’un, non?! 😛

      Mais oui, c’est vrai, la pression a toujours existé. Le désir de plaire aussi. Etc. Etc. Ce n’est pas nouveau et ce n’est pas surtout pas Facebook qui a créé cela. C’est vrai.

      Peut-être que je ne l’avais pas vécu de cette manière-là avant?

      Cependant, c’est faux de croire qu’il n’y a pas une « nouvelle » façon de vivre. Une « nouvelle » façon de gérer sa vie virtuelle. Tant mieux si pour ta part, tu gères bien tout ça! Tu pourrais certainement conseiller beaucoup de gens. 🙂 Effectivement, on peut s’en foutre! Tout le monde le gère différemment. Il faut justement apprendre à vivre avec!

      Reste qu’au final, ce n’est pas en bachant sur Facebook que la situation va se régler! haha! On dit souvent: Tout part de soi…alors, c’est évident que le travail doit se faire de manière plus personnelle que lancer une guerre contre les réseaux sociaux! Quoi que…

      Ceci étant dit, je n’ai jamais prétendue être une influente-du-web-bloggeuse-populaire-ou-quoi-que-ce-soit!

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