L’éducation fait partie intégrante de notre vie. On a grandi et on a appris grâce aux gens qui nous entouraient. On pense à nos proches immédiats, parents et amis, mais aussi à nos profs du primaire, du secondaire, ceux de nos parascolaires de musique, sports et activités-que-tu-te-trouvais-trop-cool-à-faire-parce-que-tout-le-monde-les-faisait. On pense aussi à ceux qui nous apprenaient inconsciemment quelque chose : nos chanteurs préférés.
Honnêtement, qui n’a pas passé au moins une journée de son enfance à juste chiller dans sa chambre en écoutant sa musique préférée?
J’ai passé une grosse partie de ma préadolescence à faire ça. Je pouvais même passer plusieurs heures à écouter la radio et à attendre que ma toune préférée passe pour que je puisse ENFIN l’enregistrer sur ma cassette intitulée « Hits de l’été 2001 ». Dans mes hits préférés, il y avait ceux des Spice Girls, S Club 7, Avril Lavigne, Lorie et Mixmania. Je ne comprenais pas l’anglais, mais je le chantais; nuance.
Les seuls profs que j’ai donc pu comprendre durant cette période de ma vie ont été Lorie et Mixmania. Lorie me chantait que l’amour, c’était le conte de fée dont j’avais toujours rêvé et que ça allait arriver dans le coin de mes 20 ans. Mixmania me montrait à vivre mes émotions x 1000 : « Je t’aime et tout le reste on s’en fout », puis que les ruptures ça se vivait sans trop d’émotions; « Tu t’en vas c’est bien fait pour toi, je m’en fous », next.
On m’a appris que l’amour, on pouvait l’exprimer sans retenue, sans filtre, et que ça passerait bien. Puis les ruptures (si ça devait arriver, mais tsé, c’est vraiment rare) c’était vraiment chill.
Avec les émissions de Disney à la « ils vécurent heureux… », on m’a appris qu’un jour, le prince va venir cogner à ma porte et that’s it, nous allons vivre heureux. Il n’y aura pas de complications, de chicanes, de remises en question, du terrible two, d’une autre personne dans le décor. Non. Juste lui, moi, une petite maison dans le bois, du bonheur. Ça sonne comme une chanson de la Compagnie Créole.
Il ne faut pas se demander pourquoi nous sommes, aujourd’hui, si confus devant tout ce qui se passe. Nous avons cette image tellement désillusionnée de ce que devrait être l’amour, de l’homme idéal, du parfait scénario, du gros zouuuu dans le ventre qui te fait capoter.
Aujourd’hui, c’est autre chose. Les contes de Disney et les chanteurs ne sont plus aussi romantico-féériques qu’ils l’étaient dans les années 90. Mais étant donné notre éducation un peu bouetteuse sur le sujet, et sachant que tout ceci fera toujours un peu partie de nous, il faudra apprendre à vivre avec cette idée de conte de fée constante enfouie quelque part entre nos apprentissages de math et de français.
Ce qui s’en vient ne sera pas nécessairement : « Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants », mais peut-être bien « Elle vécut heureuse et décrocha le poste qu’elle souhaitait depuis toujours » ou « Elle vécut heureuse et voyagea sans fin », etc. Ce n’est peut-être pas au pluriel, mais tant que le bonheur reste là à sa place, c’est déjà fantastique.
C’est à nous de créer la suite de notre histoire, et malgré toute ton éducation et même si tu n’as pas de formation ou de brevet d’enseignement certifié, crois-moi qu’entre les conseils de Lorie ou les conseils du meilleur prof ever, tu es le meilleur pédagogue que la vie puisse te donner.
[Source de l’image: Pezibear]