Tu t’es levé avec ton haleine du matin et un filet de bave des plus disgracieux qui marquait la distance que tu prenais en t’éloignant de ton oreiller. C’en était presque artistique. Tu passes en survol ce que tu aurais pu manquer entre 23 h et 7 h dans tes actualités sociales numériques pour ensuite enfiler le café et la douche, avant de te vêtir pour aller travailler. Tu sors de chez toi et tu entreprends le même voyage matinal vers le boulot, le même chemin tellement lourd et long qu’il te laisse le temps de penser à tout ce qui t’est poussé comme germes d’idées durant la nuit.
C’est long toute cette routine, tous ces jours qui passent et qui se ressemblent. Ça te fait penser à cette belle tendance que tu as de ramasser les cas à problèmes. Pour toi, une histoire simple, c’est une légende urbaine. Le mot « licorne » prend tout son sens dans ton univers parce qu’une fille qui n’éclabousse pas de la marde sur tous les murs de ta vie, ça n’existe tout simplement pas en dehors de ce que tu lis ailleurs ou de ce que tu entends des autres. C’est une légende.
Tes amis, ta sœur et l’inconnu du café du coin qui parle à qui lui prête une seconde d’attention te l’ont tous dit : « T’es un bon gars, tu mérites une bonne fille. Presse pas les choses, fais confiance, pis lâche la porn. »
Tu sais, avant de cuisiner, faut que tu commences par explorer l’univers culinaire. Ça, dans ton cas, c’est fait depuis un bail. T’as connu la wild, l’intello, la geek, la nerveuse, la borderline, l’absente, la pas prête, l’enragée, la dépressive, celle qui ne te comprend pas et toutes les autres, y compris la pas fiable. Une après l’autre, elles t’ont laissé des marques, comme pour t’apprendre que de mettre ton doigt sur un rond chaud, ÇA FAIT MAL! Faut juste pas que tu le refasses, tsé…
Et si tu prenais ton courage à deux mains, malgré la petite peur que tu as de te re-brûler, pis que tu me préparais une nouvelle recette, avec des nouvelles idées, une nouvelle approche? Parce que ton pâté chinois, que tu le fasses un mardi ou un jeudi, en septembre ou en juin, ça reste un maudit pâté chinois… À refaire la même recette, on remange la même affaire, qu’ils disent…
Si t’essayais simplement ce que tu n’avais jamais osé essayer jusqu’à maintenant? Avec de nouveaux instruments pis en prenant ton temps pour ne pas te refaire mal? Je te dis ça comme ça, là. Ça pourrait peut-être être surprenant, tu sais? Pis si ça ne te plaît pas, ben laisse la batch à quelqu’un d’autre, tu n’es pas obligé de tout manger si tu es pour t’intoxiquer avec ton essai! Des recettes mangeables, il y en a une tonne. Il faut juste se donner la chance de les trouver pour pouvoir en profiter. C’est un peu la même chose avec les « bonnes personnes »…
En tout cas, je n’ai pas la prétention de tout savoir, mais je me disais ça comme ça, en pensant à toi. Parce qu’il faudrait que tu fasses ce qu’on te dit, pas ce qu’on fait…
Oli.
[Source de l’image : extrait de l’image I love cooking sur Skitterphoto]
Ton texte est parfait et tombe à point. Merci.