Le mythe du timing idéal

Ce n’est pas parce qu’on n’a pas d’enfants et pas d’hypothèque qu’une séparation ne fait pas mal. Entre incompréhensions, colères et grandes joies, Gabrielle tente de comprendre et de mettre en mots les différentes étapes vécues lorsque deux personnes se quittent. Nouvelles amours, grandes peines et remises en question, tous ces stades tendent vers un seul et même but – celui qu’on rêve tous d’accomplir : trouver le bonheur.


Stade 4 : Le timing idéal 

(Cliquez ici pour lire le stade 3)

En amour, on parle souvent de temps. « Depuis combien de temps êtes-vous ensemble? », « L’amour dure trois ans » ou encore « Vous vous êtes rencontrés à quel âge?» Ce qui amène la question suivante : y a-t-il un bon moment pour rencontrer quelqu’un? Et surtout, comment fait-on pour savoir que ce moment-là, le moment parfait, est arrivé?

Parce qu’au fond, il n’y a jamais de bon timing pour tomber amoureux. Ça nous tombe dessus, sans prévenir, comme une tonne de briques. Pire encore, c’est connu : quand on cherche, on ne trouve pas. Comme s’il fallait attendre d’être en situation compromettante ou non disponible pour que finalement, hallelujah, nos yeux s’émerveillent devant quelqu’un.

Mais qui sont ces gens qui se sont rencontrés à des moments parfaits, alors qu’ils étaient tous deux complètement à l’aise dans leur célibat, affranchis de leurs peurs, mais prêts à rencontrer miraculeusement quelqu’un à l’épicerie, entre deux rangées de cannes de thon? Foutaises, je dis! Ces gens-là n’existent pas.

La plupart du temps, on rencontre l’âme sœur au détour. Sans qu’on l’attende. Sans qu’on la cherche. Des fois, on la rencontre alors qu’on est déjà en couple, qu’on a deux ou trois enfants et que ni l’un ni l’autre n’est émotionnellement libre. Sans trop le vouloir, on s’enfonce quand même dans ce chemin-là, dans l’extra-conjugalité immorale, en pataugeant dans une mer de remords. On se dit qu’on aurait aimé se rencontrer plus tôt et que, maintenant, il est trop tard. Mais on ne peut pas s’en empêcher, parce qu’on est en amour et que l’amour n’est pas rationnel.

D’autres fois, au contraire, on fait tout pour se convaincre que le timing n’est pas le bon. On aime à la folie, mais on se retient. On se dit qu’on est trop jeunes, et qu’on a encore beaucoup de « belles années de célibat » à vivre. Combien de fois des amis m’ont dit  : « c’est la femme de ma vie, mais j’suis pas prêt à être en couple ?» On se laisse convaincre, par pression sociale peut-être, que la vingtaine c’est le meilleur bout et qu’on se DOIT de la vivre seuls… sauf les soirs de party, of course. À vous, chers couples qui se sont rencontré dans la fleur de l’âge, je vous demande : avez-vous des regrets?

Ma génération veut attendre avant de s’engager, mais ne sait pas trop ce qu’elle attend. On voudrait vivre à 110%, hashtag #YOLO, mais on voudrait aussi pouvoir faire des projets d’avenir et penser à fonder une famille. Donc certains soirs, on finit par se demander, seul dans son lit, ce serait comment de le partager avec Le Même Quelqu’un, nuit après nuit.

D’autres fois, on veut trop. On tease le destin et on joue avec le temps en le forçant à aller plus vite qu’il ne le devrait – allô génération surstimulée! On swipe à gauche ou à droite sur des applications de rencontre, on fouille dans les multiples catalogues Sears de rencontre à la recherche du match parfait. Ça marche-tu vraiment, ces affaires-là? Bien sûr, j’ai connu des gens qui se sont rencontrés comme ça et qui s’aiment encore aujourd’hui. Mais j’ai toujours trouvé que c’était un peu de la triche, va savoir pourquoi.

Bref, on ne choisit pas quand on rencontre quelqu’un. Et ce, même si on se relève d’une dure séparation et que notre cœur est encore meurtri et rempli de cruelles désillusions. Même quand on aurait dont aimé rester célibataire plus longtemps, pour le kick. C’est pas notre choix, c’est le destin qui décide.

De toute façon, quand on est collé sous un océan de couvertures ou que notre téléphone vibre pour laisser entrevoir un simple« hey, je pense à toi », on se fout pas mal de comprendre le pourquoi du maintenant. On se laisse aller, le visage rougi par une barbe semi-piquante, et on laisse les douces vibrations nous envahir – sans trop se poser de questions.

[Source de l’image : Wit & Delight ]

3 Comments

  • Laurie dit :

    Je suis de ces gens  »qui n’existent pas » 😉 Ça fait longtemps que de mon bord, j’étais prête à être en couple. Y’a un gars qui m’intéressait mais qui m’avait flushé rapidement, quelques mois auparavant. 2 mois plus tard, il refait surface, prêt : on date, ça clique, on tombe hyper rapidement les pieds par dessus la tête en amour. Il me l’a dit et redit  »si je t’avais rencontré officiellement deux mois avant, ça n’aurait pas marché, mon coeur était pas ouvert pentoute ». Des fois, le timing s’allie au destin.

    • Gabrielle Lauzier-Hudon dit :

      C’est beau, ce que tu écris! Effectivement, des fois, le timing est de connivence avec le destin. Ce qui créer les plus belles unions qui soient : celles qui arrivent parce qu’elles devaient arriver. Longue vie à toi et ton nouvel amoureux :)!

      Merci pour ton commentaire,
      xox

  • Gabrielle Lauzier-Hudon dit :

    Tant mieux si elles t’ont réconforté! Ça me fait du bien aussi de lire que je ne suis pas seule dans cette situation. Pas facile, de juste se laisser aller à aimer, de nos jours. Héhé.
    Merci pour ton commentaire. x

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *