À chaque torchon sa guénille

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Au moins une fois (et si on est chanceuses, plusieurs fois), on aura la chance d’aimer quelqu’un pour de vrai de vrai. Peu importe son sexe et même si il/elle a écrit avoir été à « l’école de la vie » sur son profil Facebook, nous aurons trouvé notre raison de nous épanouir. Dès que cette relation sera établie, s’ensuivront de nouvelles quêtes. Très vite, nous nous retrouverons dans les olympiades du ménage de l’appartement, mieux connues sous le nom de « c’est-jamais-toi-qui-fais-le-ménage-de-la-salle-de-bain ».

Souvent, on se dit que c’est une affaire de filles, le ménage; c’est faux. À chacun son TOC.

Vivre à deux, c’est merveilleux, mais c’est salissant.

Je suis tombée dans le piège. Je me suis valorisée parce que je pliais les boxers de mon chum. J’ai pensé que j’étais une meilleure personne parce qu’il n’y avait pas de cochonneries sur notre (mon) plancher. Je classais mes livres en ordre alphabétique et les bobby pins par ancienneté. Je ne laissais jamais la vaisselle sale s’accumuler et je détestais les vêtements qui trainaient partout. Quotidiennement, je passais le rouleau-collant sur mes draps jusqu’au jour où j’ai réalisé que je ne voulais plus vivre comme ça.

J’ai donc mis de côté mon amour des comptoirs impeccables, des vêtements propres qui sèchaient sur la corde à linge à tous les jours, de la salle de bain étincelante… tellement qu’elle semblait inhabitée. Pourtant, nous, on vit ici. Et parce qu’on est vivants, ici, j’ai décidé de :

  • faire la paix avec les grains de café qui dansent autour de la cafetière, les matins endormis;
  • d’aimer le bac de compost plein qui veut dire qu’on mange à notre faim;
  • jeter le rouleau-collant.

Si je réussis tout ça, j’aurai beaucoup plus de temps pour écrire, lire, boire des cafés dans des beaux bols. J’aurai plus de temps pour la vraie vie.

Mais que j’en voie pas un rentrer chez nous avec ses bottes.

[Source : Image tiré du livre Healthy Living de Charles-Edward Amory Winslow]