Un mois pour rencontrer l’amour

C’était le solstice d’été, la saison s’annonçait remplie de promesses, et mon amie avait improvisé une soirée de type « Ce soir tout est permis » :

  • manger du brie fondant sur des craquelins sans gluten,
  • faire de l’action painting au son des plus grands hits R’n’B,
  • improviser une chandelle dans un jacuzzi…

Il n’y avait pas de décor à 90 degrés, mais après avoir pris une quantité impressionnante de téquila rose en shooters, j’aurais pu confondre Éric Salvail avec n’importe quel accessoire de patio.

Quelles étaient les raisons de cette fête païenne aux excès de cocktail ressemblant à du Pepto-Bismol, autant dans la couleur que pour son effet apaisant au transit intestinal? Une rupture. Douloureuse et sans appel.

Je n’étais pas celui au coeur fraîchement blessé à qui la piñata d’homme nu avait été dédiée. Mais mon muscle amoureux saignait encore des mensonges, des infidélités et des rêves brisés qu’on lui avait assénés.

Trois ans. Et ma plaie, toujours béante.

Téquila rose aidant, je racontais à qui voulait bien l’entendre mon grand désir d’élever de la marmaille avec un ancien prisonnier politique portugais, arrivé au Canada dans un container de bateau repêché dans le Bassin Louise (ou le Canal Rideau, c’est au choix), et à qui j’aurais appris le français, la vie en société, ainsi qu’une base de couture tout en écoutant La Voix Junior les dimanches soirs.

Une vie de rêve multiculturelle toute dessinée, mais qui restait sur papier. Incapable de rencontrer, d’oser me remettre en danger. La peur que l’on m’achève d’un énième « C’est pas toi, c’est moi. ».

L’hôtesse de l’open house le plus wild de Rosemont m’a alors proposé un défi. LE défi. Celui qui mettrait fin à ma disette amoureuse et qui ajouterait une chaleur corporelle dans mon lit king. Un défi de type « 5/30 », mais sans portion de fruits réglementaire, ni Anaïs Favron comme porte-parole. Le défi 3/1 consistait à accomplir trois tâches dans un délai de un mois :

  1. Ne refuser aucun rendez-vous;
  2. Donner son numéro de téléphone à un inconnu;
  3. Coucher avec un gars le premier soir.

Dans l’euphorie du moment, j’ai décidé d’accepter le défi de mon amie. Pour me provoquer, sortir de ma routine, mon confort. Le célibat peut devenir une protection contre l’autre, mais il encourage le surplace.

Un mois pour rencontrer l’amour, donc… Un défi peu réaliste. Mais pour débuter, le numéro 1 sera très facile, on ne m’invite jamais nulle part.

Seulement, j’ignorais que cette soirée, déjà chargée en événements inusités, se transformerait en blind date. Un inconnu devait se pointer à minuit pour me rencontrer. Tout avait déjà été organisé.

Si t’avais été au courant, tu ne serais jamais venu.

Vrai. En tant normal, je me serais trouvé une excuse de type « Ça tombe mal, je quitte justement le Canada demain matin pour faire comme Lucille Teasdale et consacrer ma vie aux malades de l’Ouganda en travaillant dans des conditions insoutenables. ».

Mais la règle numéro 1 était on ne peut plus claire : j’ai donc dû accepter le rencard surprise.

À suivre…

 

[Source de l’image : Pixabay]

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