La peur de l’engagement, la maladie

J’ai scrapé ma première relation par peur de l’engagement. En fait, c’est plus que ça. J’avais peur de ce que les gens penseraient, peur de mettre du temps dans une femme qui n’était pas la femme de ma vie, peur de m’impliquer émotionnellement dans une relation qui se terminerait éventuellement, peur de devenir dépendant… En fait, j’avais pratiquement peur d’avoir peur!

Tsé, quand t’as peur d’avoir peur, ça fait peur, alors tu te tiens loin de l’engagement. C’est là que tu réalises que ta peur se fait ressentir dans tes actions… parce qu’en réalité, tu fais justement, AUCUNE ACTION! C’est comme si la peur de te tromper te paralyse du front jusqu’à la matière grise. Genre ton corps a bien envie de bouger, mais ton cerveau te dit plein d’affaires comme : « ne lui dis pas que tu l’aimes, tu ne l’aimes peut-être pas », « ne l’invite pas à faire une activité, ça officialiserait que c’est la femme que t’aimes », « attends qu’elle t’écrive, sinon tu vas avoir l’air soumis et tu perdras ta masculinité », « ne sois surtout pas romantique, la romance, c’est pour ceux qui ont perdu leurs couilles », « une photo avec elle ? Wooo, minute, pense à tous ceux qui la verront et penseront que tu es en couple! », « ne mets pas ton statut Facebook en couple, la prochaine étape sera le mariage pis toi t’es trop jeune pour le mariage ».

À noter que le cerveau de la plupart des hommes pas prêts agit de la même façon et souvent cette tendance se retrouve dans la tranche d’âge suivante : 16-24 ans. Je ne mets pas tout le monde dans le même bateau… mais je vais en mettre beaucoup.  Notre slogan : « Rarement prêt ».

Toi avec ton grand coeur de femme déjà prête, des fois t’as espoir de nous changer. Je te dis bonne chance et te conseille fortement de ne pas trop mettre d’énergie en nous. La peur de l’engagement, ce n’est pas juste une peur… c’est plus comme une maladie, et son remède est le temps.

Quand t’as peur de l’engagement, tu ne t’en rends pas compte. Jusqu’au jour où tu réalises que t’as fréquenté plein de bonnes filles depuis la première relation que t’as scrapée (parce que tu t’en es même pas rendu compte que c’était de ta faute) et tu commences à comprendre ce qui se passe. Pis là, tu regardes autour de toi pis tu vois de plus en plus de gens en couple pis toi, t’es encore célibataire. Tu réalises que tout le monde vieillit, pis toi t’es là, seul. Plus le temps avance, plus ton cercle d’amis se réduit et plus ton cercle d’amis se réduit, moins souvent est la fréquence à laquelle tu sors dans les bars. Résultat? T’es juste tout seul, pis tu repenses à ton premier amour. Tsé, celle qui t’a appris TOUT ce que tu ne devais pas faire dans une relation. Et plus tu penses à cette relation, plus tu réalises que tu accordais beaucoup trop d’importance aux choses qui n’en avaient pas. C’est à peu près là que t’as compris que c’était de ta faute.

La bonne nouvelle, c’est que maintenant, tu sais ce qu’est une relation. Toute mes félicitations, homme prêt! La mauvaise nouvelle, c’est que ton premier amour est parti. Moi, la mienne, elle est partie jusqu’en Italie… ça te donne une idée à quel point elle n’était plus capable, hein?

Bref, avec le temps, tu réalises que les femmes les plus heureuses en couple sont les femmes ayant un partenaire qui est rempli de couilles (au sens figuré évidement). Quand je dis rempli de couilles, je veux dire qu’elles ont trouvé un homme qui se fout de ce que les autres pensent, qui met tout son focus sur sa femme plutôt que celle des autres, qui est juste assez romantique, qui n’a pas peur de s’afficher, de prendre des photos, de proposer des sorties et qui n’a pas peur de présenter sa femme au monde entier.

Le premier critère par ordre d’importance lorsque vous choisissez un homme devrait être sa volonté à vouloir s’engager. Oubliez le reste. Même si vous rencontrez le gars le plus charmeur, intelligent, beau, éduqué, gentil, rebelle ou whatever que vous aimez en tant normal, commencez par valider son intérêt envers l’engagement.

Aujourd’hui, la peur de l’engagement me fait beaucoup moins peur parce que j’ai vieilli et que j’ai compris que mon bonheur passe bien avant ce que les autres penseront de moi. Je dois vous avouer que ça m’a peut-être pris 6-7 ans… et ce n’est pas pour vous décourager, mais moi ça a pris beaucoup de temps. Que voulez-vous! Mieux vaut tard que jamais. Mon point, c’est que j’espère que tous ceux qui ne sont pas prêts vont lire ce billet et réaliseront que c’est pas obligé de prendre autant de temps avant d’être prêt. Tout ce qu’il faut, c’est faire de l’introspection sur vous, sur votre avenir, sur ce que vous voulez, sur le pourquoi que certaines relations n’ont pas fonctionné et surtout, faire cette introspection sans flagellation ni regret. L’idée dans tout ça, c’est de grandir et de comprendre qui vous êtes et ce que vous voulez.

– de la part d’un gars guéri

[Source de l’image: Engagement par Brandon Atkinson]

2 Comments

  • lemeraude dit :

    Et non, la peur de l’engagement ne touche pas que les 16-24 ans, elle concerne pleins d’hommes et de femmes, dans la trentaine, la quarantaine aussi pour mon expérience. Ce qui brise le plus les relations c’est qu’elle n’est pas toujours assumée… ce qui crée des attentes, chez l’autre qui souhaite s’engager plus et sainement, et qui croit que l’autre le veut aussi, puisqu’il (elle) le dit (Mais ne le montre pas, concrètement: les bottines ne suivent pas les babines).

    L’engagement, ça veut dire quoi pour l’autre? C’est tellement abstrait comme concept. Pour certains, c’est de se fiancer, de parler bébé, maison…pour d’autre, juste de s’afficher en couple, ou de faire des projets à deux, de se permettre de rêver, d’en parler, de se laisser aller dans l’intimité…

    Derrière cette crainte de l’engagement, des blessures, des expériences vécues ou imaginées, des peurs réelles ou imaginées…

    Merci pour ce billet qui tombe à point pour moi en ce moment. Je te souhaite des rêves et un coeur ouvert! 🙂

  • Fleurlys dit :

    Merci Francis!

    Ce texte touche autant les hommes que les femmes de tout âge.

    La peur de l’engagement soulève beaucoup de blessures, de questionnements aussi…
    Est-ce qu’il y a compatibilité? Le passé peut hanter parfois. On ne prend pas de chance, de peur de se tromper ou de perdre sa liberté, qui sait… Chacun ses raisons.

    L’engagement peut être l’une des meilleures décisions dans une vie, je pense…quand c’est partager et respecter. La patience est importante et il faut apprendre à se connaître. Une étape angoissante, mais aussi bien intéressante, qu’il faut apprivoiser, même en solo.

    Ensuite, au mieux, le couple évoluera ensemble.

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