Le temps des jupes

IL EST ENFIN ARRIVÉ!

J’ai aperçu ma première jupeuse du printemps! Et je ne parle pas des jupes insouciantes au cœur de l’hiver, sur Saint-Laurent. Non. Je parle bien de cette courageuse qui annonce le printemps par la longueur de ses jambes, comme la marmotte et son ombre annoncent la longueur de l’hiver. Cette oracle lumineuse brandissant la jupe pour laisser sa peau boire ce nouveau soleil.

À toi, je hurle un immense MERCI! Au beau milieu de la rue, du trafic, du centre-ville. Exploser de joie, sur place, en un éclat. Ah, la première jupeuse… Partout où elle passe, les arbres se remettent à vibrer au rythme de leur sève bouillonnante, les bourgeons frémissent de plaisir, les tulipes s’empressent d’éclore, les écureuils reprennent leurs courses folles, les papillons dansent et les hirondelles sont jalouses de s’être fait voler leur job, mais seulement l’espace d’une fraction de seconde, tellement elles aussi tombent en pâmoison devant tant de splendeurs printanières.

Elle ne marche pas, elle flotte. Elle suspend le temps et scintille. Elle est une vision, elle est le futur, elle est l’été impatient de s’installer, elle est ce que nous avons tous espéré au cœur de la plus froide nuit d’hiver, grelottants, enfouis sous les couvertures froides, les pieds gelés, le cœur frissonnant. Elle ouvre les parcs, les pique-niques, les terrasses, les balcons, les jardins, les lunettes soleil, les épaules dénudées, les désinvoltures, les chansons frivoles, les langueurs amoureuses, les cœurs esseulés.

Après son passage, quelque chose dans l’air bourdonne. Vibre avec une intensité contagieuse. Les visages sont exposés et radieux, les poitrines fières, les démarches assurées, les regards coquins. Tout le monde est gracieux et beau.

Toi. Tu es belle.

Et toi.

Et toi aussi.

Et lui,

et eux,

et toi aussi, même de dos, même de loin, même juste comme ça.

Y’a comme un petit quelque chose qui nous pousse dans le bas du ventre, de lascif, d’instinctif, qui nous gonfle les lèvres, nous grandit les yeux, nous dilate la pupille, nous rend affamés. Affamés de l’autre contre notre peau, contre nos visages, nos bouches.

Le désir, mes chers et mes chères. Le désir en majuscule.

Bon temps des jupes…

 

[Source de l’image: Unsplash]

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